De mutation en mutation,
les visions se bousculent, se pressent.
Elles rodent, percent les écrans,
fécondent et hantent le moindre geste.
Elles sont tour à tour différentes,
contradictoires : il faut le taire.
Insensées, incontrôlables :
l’échec du sens le plus total.
De mutation en mutation,
sous le flux tendu de la chair,
de vastes perspectives absorbent
dans le secret elles nous digèrent.
La raison perd son équilibre.
La frayeur dépossède l’esprit.
Seul désormais le corps parle,
tremble sous l’ampleur de la menace.
Les visions, qui nous entourent,
sont la vérité suprême.
Un élixir parégorique
qui anime puis désespère.
De mutation en mutation,
par l’obscurité absolue,
On entrevoit les plus absurdes
des cruautés du destin.
Celles qui passent, celles qui viennent
à l’heure du bruit et des cadences
la résistance vole en éclats
éparpillée dans le déluge.
De leur place forte, les visions
trament la soumission finale.
Nous serons alors sous le coup
d’une sentence de mort cérébrale. |