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1/ Bonjour Vincenzo, commençons par une question rituelle ! Pourriez-vous tout d'abord nous présenter Dolorosa ? D’où vient ce nom, aux connotations religieuses marquées ?

J’ai créé Dolorosa en 2002, au début, le projet s’appelait « Via Dolorosa » ; qui est l’expression latine pour qualifier le chemin de croix. Je trouve que c’est une image plutôt fidèle de l’existence. J’ai supprimé ensuite « via » pour englober davantage de choses. Au moment de l’enregistrement, c’était un projet solo. Sur la maquette, je joue donc tous les instruments : guitares, basse, percussions et même un peu de fiddle (flûte irlandaise).

2/ Vous avez joué dans un certain nombre de groupes avant de passer en solo. Pourquoi privilégier ce mode d’expression ? En quoi Dolorosa est-il un projet que vous ne pouviez mener que seul ?

J’ai, en effet, joué dans pas mal de groupes en tant que batteur mais un « pépin » de santé m’a définitivement éloigné de cet instrument. En bref, je ne peux plus utiliser ma jambe droite pour jouer de la grosse caisse. Après une période véritablement difficile et pour le moins introspective, j’ai décidé de continuer le combat et j’ai repris la guitare, pour composer les titres de cette maquette. J’aurais été incapable à l’ époque de travailler avec d’autres musiciens. J’avais un terrain très personnel à creuser. La composition et surtout l’écriture se font rarement à plusieurs.

3/ Avez-vous suivi l’évolution du groupe Aksis (rebaptisé NORM? aujourd’hui) ?

Bien sûr, Krys (guitare et chant) est un ami proche. Son énergie est toujours surprenante. Il travaille actuellement sur le deuxième album de NORM? et je lui souhaite le meilleur.

4/ Vous qualifiez vous-même la musique de Dolorosa d’austère. Effectivement, les six titres de la maquette ne prêtent pas vraiment à la rigolade (malgré leurs qualités de compositions). Que souhaitez-vous exprimer au travers de cette austérité ?

Je voulais qu’aucun élément ne vienne détourner ou diluer le sens et le climat des compositions. Le résultat est d’autant plus intéressant que cette austérité apparente les renforce. L’économie de moyens et d’artifices permet aux mots et aux notes de respirer, ils ont du temps, de l’espace.

5/ Vos influences selon vous sont plutôt à rechercher du côté du rock, progressif notamment, et du metal. Pourtant sur votre maquette l’ambiance et le type de chant m’évoquent plus (même si c’est de loin) un disque de hip-hop. Qu’en pensez-vous ?

C’est peut-être parce que j’habite en banlieue parisienne… Plus sérieusement : cela fait vingt ans que je fais de la musique et je crois avoir eu le temps de digérer mes influences. J’adore Tool mais je n’ai pas envie de jouer du Tool. En ce qui concerne le hip-hop, je n’en n’écoute presque jamais. J’apprécie le côté hypnotique de groupes comme Cypress Hill ou House of pain mais ça s’arrête là. Ma façon de chanter est très rythmique mais je me suis davantage inspiré de la tradition du « spoken words » et principalement de William Burroughs. J’adore ses lectures incantatoires sur fond de musique marocaine. En ce qui concerne les parties instrumentales, dans mon cas précis : les guitares, il y a une certaine théâtralité dans les thèmes et ambiances, j’utilise souvent des mesures asymétriques, des rythmes répétitifs et tout cela me vient de groupes 70’ comme King Crimson ou Can. Si ce n’est pas flagrant : tant mieux.

6/ De quels groupes français actuels vous sentez-vous proches ?
Musicalement :


aucun.

7/ Le jeu sur scène est-il important à vos yeux ? Des dates sont-elles prévues où le public pourra vous rencontrer ?

Si l’on fait de la musique c’est pour la jouer sur scène et prendre des risques ! La musique de Dolorosa est faite pour ça, de part son côté intimiste elle laisse beaucoup de liberté. Un nouveau musicien vient de me rejoindre, il joue de la guitare et de la clarinette, nous travaillons actuellement pour être prêts le plus rapidement possible. J’aurais sûrement des dates à vous communiquer bientôt…

8/Quels sont vos prochains projets musicaux ?

Dolorosa jusqu’au bout de la nuit !

9/ Avez-vous contacté des labels en vue de diffuser plus largement la musique de Dolorosa ?

Je suis très sceptique quant à la possibilité et à l’intérêt de signer quelque part. Pour l’instant les réactions par rapport à la maquette sont vraiment positives donc ça me fait réfléchir. Pourquoi pas. J’espère simplement que d’ici là il restera encore un label indé.

10/ Actuellement où peut-on se procurer la maquette de Dolorosa ?

Le plus sûr moyen et le plus rapide est de me contacter : contact@dolorosa-music.com

11/ Quel est le dernier disque de musique française que vous ayez écouté ? Qu'en avez-vous pensé ?

Le nouvel album de Magma : Ka Anteria. Il est sorti au mois de novembre 2004 mais c’est un titre de 1972… Il est excellent. Magma est unique.

12/ Votre opinion sur les problèmes actuels de la musique française (statut des intermittents, téléchargement musical sur Internet et répression judiciaire des majors) ?

Pour les intermittents, le dialogue semble avoir repris… On parle souvent des petits qui « profitent du système » mais rarement de ces énormes entreprises qui emploient des intermittents (le plus souvent des techniciens) pendant des années sans proposer de CDI, la véritable arnaque est là. Le téléchargement, je trouve ça très positif car c’est pour Dolorosa le seul moyen de faire le tour de la planète ! De plus, je trouve que certains « artistes » vendent trop de disques.

13/ Merci de m’avoir accordé un peu de votre temps, je vous laisse le mot de la fin.

Tout d’abord : merci. J’espère vraiment que cet entretien incitera vos lecteurs à me contacter car c’est pour cela que je fais de la musique : rencontrer, communiquer, partager…

Entretien réalisé par Ptit Boy,
le 05.01.2005, pour le webzine : thefrenchtouch.org